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Album de Marguerite d’Autriche – récitante et soprano solo
Chansonnier de Marguerite d’Autriche : échos d’une princesse de la Renaissance
Elodie Charpié, Juana Fernandez, Madeleine Fiedeldeij et Tzu-Chi Kuo – consort de flûtes à bec Les Oiseaux Enchantés
Aurélie Wolhauser – récitante et soprano
Pièces de Pierre de la Rue, Josquin Desprez, Gilles Binchois, Alexander Agricola…
Elle fut fiancée au futur roi de France, mariée à l’héritier du trône d’Espagne ainsi qu’au duc de Savoie, et régna en tant que gouverneure des Pays-Bas habsbourgeois – et pourtant, Marguerite d’Autriche (1480-1530) n’est aujourd’hui connue que de quelques-uns. Elle fut pourtant l’une des femmes les plus influentes de la Renaissance, une mécène et collectionneuse d’art passionnée, ainsi qu’une diplomate de premier ordre.
Malgré ses activités politiques, Marguerite n’a jamais perdu de vue la beauté : sa cour accueillait des peintres, des poètes, des érudits et des musiciens. Elle fit notamment réaliser à Mechelen un « chansonier » personnel, c’est-à-dire un recueil de chansons ou de partitions. Le fait que l’on y trouve les chansons « Mille regretz » de Josquin Desprez et « Secretz regretz » de Pierre de la Rue suggère que, pour Marguerite, la musique n’était pas un simple divertissement, mais un moyen d’expression émotionnelle.
Le programme du concert retrace le parcours de Marguerite. La plupart des œuvres proviennent de sources étroitement liées à elle : le manuscrit 228, conservé aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Belgique, est précisément ce « Grand Chansonnier Album de Marguerite d’Autriche » qu’elle fit composer personnellement. Le Codex Basevi, aujourd’hui conservé à la Bodleian Library d’Oxford, est un autre manuscrit issu de son entourage immédiat. Josquin Desprez, Loyset Compère et surtout Pierre de la Rue comptaient parmi les compositeurs qu’elle appréciait tout particulièrement.
Les danses de Pierre Attaingnant et les fantaisies d’Eustache Du Caurroy appartiennent en revanche à une génération postérieure : elles résonnent ici comme un écho stylistique de cette tradition franco-flamande que Marguerite a contribué à façonner. Ce qui a survécu d’elle, ce n’est donc pas le pouvoir, mais la beauté de l’art qu’elle a encouragé en tant que mécène et qu’elle a ainsi aidé à faire vivre et à s’épanouir.